Ferdinand Springer, 1907 – 1998

 

1907. Né le 1er octobre à Berlin. Père éditeur scientifique, mère suisse.

1918. Etudes secondaires à Potsdam.

1923. Premier voyage en Italie. Rencontre R.M. Rilke à Lucerne.

1926. Baccalauréat à Potsdam. Etudes d’histoire de l’art à l’Université de Zurich.

1927. A Milan chez Carlo Carrà, première initiation à la peinture. Rencontre Morandi.

1928. A Paris, travaille auprès de Roger Bissière à l’Académie Ranson où enseigne Gino Severini.

1932. A l’Atelier 17 de Stanley Hayter, acquiert la maîtrise de la gravure.

Epouse Marcelle Behrendt qui restera sa compagne toute sa vie.

1935. Rencontre Wilhelm Uhde qui lui achète plusieurs œuvres.

1937. Parution dans une édition bibliophile du Banquet de Platon (en anglais) avec 7 gravures.

Voyage à New York. Exposition personnelle à la galerie Julien Levy.

Rencontre Alexander Calder, Salvador Dali, le galeriste Pierre Matisse.

Achats des musées de Hartford (Conn.), du musée Fogg-Art de Cambridge (Mass.).

Participe à l’exposition Contemporary French Drawings au Chicago Art Institute.

1938. S’installe à Grasse (Alpes Maritimes). Exposition personnelle à la Delius Guise Gallery à Londres.

1939. Interné au camp des Milles près d’Aix-en-Provence avec Max Ernst, Hans Bellmer et Wols.

Mobilisé comme prestataire à Forcalquier. Rencontre avec Pierre Seghers.

1940. Démobilisé. Retour à Grasse. Amitié avec Hans Arp, Sophie Taeuber, Alberto Magnelli, Sonia Delaunay et le sculpteur François Stahly.

Premières œuvres abstraites.

1942. Exil en Suisse. Découverte des dernières œuvres de Paul Klee.

Les autorités helvétiques lui interdisent d’exposer.

1945. Retour à Grasse. La plupart des œuvres antérieures à 1939 ont disparu.

Participe à l’exposition Ausländische Maler in der Schweiz avec Marino Marini, Wotruba, etc…

1947. Illustre de 15 gravures l’ Eupalinos ou l’architecte de Paul Valéry édité chez Gallimard.

1948. Exposition personnelle de livres et d’œuvres graphiques au Musée de Winterthour.

Participe à l’exposition Wartime French Printmakers à la Philadelphia Art Alliance (Pittsburgh).

Acquisitions par la Rosenwald Foundation de la National Gallery, Washington.

1950. S’établit à Paris. Illustre avec 17 gravures le Tao-té-king de Lao-tseu (Editions Vrille).

Développe un langage abstrait en marge du courant de l’abstraction lyrique de l’Ecole de Paris.

Longue période de travail graphique qui combine burin, vernis mou, aquatinte et eau forte.

1953. Exposition au Kunstmuseum de Berne Drei Meister zeitgenossicher Graphik avec Jacques Villon et Roger Vieillard.

Tapisserie d’après la gravure Traits croisés.

Exposition Jeune Art Graphique de Paris à la Société Kestner à Hannovre.

1954. Exposition de livres et œuvres graphiques chez Wittenborn, New York.

Tapisseries d’après des gravures du Tao-té-king.

1956. Se tourne à nouveau vers la peinture.

Participe à l’exposition Ausgewanderte Maler, Château de Morsbroich, Leverkusen.

1958. Participe à la 39ème Biennale de Venise.

1959. Participe à la Documenta II, Kassel.

Réalise des « découpages », gravures-reliefs.

1960. Expose régulièrement en Europe (Paris, Rome, Florence, Cologne, Bochum, etc…) et aux Etats-Unis.

Tapisseries réalisées par l’atelier Plasse-Lecaisne.

Vit principalement à Grasse.

1967. André Malraux, Ministre de la Culture, lui décerne la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres.

Première exposition rétrospective à Heidelberg.

1973. Rétrospective au Musée de Caen.

1975. En peinture, développe une réflexion sur la juxtaposition des volumes colorés.

1976. Expositions personnelles à la galerie Art Conseil, Paris et à la galerie Wittemann à Munich

Exposition à la galerie « Ursus-Press » à Düsseldorf.

1980. Grandes aquarelles paysages imaginaires du haut pays grassois.

Première grande exposition à la galerie Ludwig Lange, Berlin.

1981. Expose à la galerie Greive, Cologne.

1984. Seconde exposition à la galerie Ludwig Lange, Berlin.

1989. Décès de son épouse qui avait pris pour nom d’artiste Irène Mathias.

1990. Réalise de grandes compositions dans lesquelles la forme sphérique domine.

1992. S’oriente vers une « abstraction libre » où le paysage apparaît de manière récurrente.

1995. Parution aux éditions Ides et Calendes de ses entretiens avec Emmanuelle Foster.

1998. Décès de Ferdinand Springer.

 

André Villers © ADAGP

Ferdinand Springer en quelques dates

Les grandes étapes

Les premiers pas (1907-1926)

Né le 1er octobre 1907 à Berlin d'un père allemand, éditeur scientifique, et d'une mère suisse. Après des études secondaires à Potsdam, il s'engage, à partir de 1926, dans des études d'Histoire de l'art à l'Université de Zurich.

 

La formation (1927-1935)

Se consacre en 1927 à la peinture, travaille d'abord à Milan dans l'atelier du futuriste Carlo Carrà où il rencontre Giorgio Morandi, puis, en 1928, à Paris auprès de Roger Bissière à l’Académie Ranson où enseignent également Gino Severini et Moïse Kisling. Il réalise des copies au Louvre et en 1932 apprend la gravure avec Stanley Hayter à l’Atelier 17. En 1935, il fait la rencontre de Wilhem Uhde qui lui achète plusieurs œuvres, confisquées plus tard par la Gestapo.

 

Les premières expositions (1936-1938)

Il présente en 1936 sa première exposition personnelle et expose aux « Surindépendants » avec ses amis Hans Hartung, Victor Brauner, Maria Elena Vieira da Silva. Il illustre de gravures en 1937 Le Banquet de Platon, voyage et expose à New-York à la galerie Julien Levy, rencontre Alexander Calder, Salvador Dali, le galeriste Pierre Matisse. En 1938, il s'installe à Grasse.

 

La guerre (1939-1945)

Il est interné en 1939 au Camp des Milles près d'Aix-en-Provence avec Max Ernst, Hans Bellmer et Wols. Il est ensuite mobilisé comme prestataire (travailleur volontaire) à Forcalquier, où il fait la connaissance de Pierre Seghers. Démobilisé en 1940, il retourne à Grasse, où il se lie avec Hans Arp, Sophie Taeuber-Arp, Alberto Magnelli, Sonia Delaunay, le sculpteur François Stahly et l'on parlera du « Groupe de Grasse ». C'est à cette époque qu’il réalise ses premières œuvres abstraites. En 1942, « sentant que la terre brûlait sous pieds, ici, à Grasse », il fuit en Suisse avec sa femme, quelques semaines avant l'occupation allemande de la zone libre. Il visite à Berne l'atelier de Paul Klee. Les autorités helvétiques lui interdisent d'exposer et de vendre ses œuvres.

 

Paris (1945-1959)

En 1945 Ferdinand Springer retourne brièvement à Grasse où la plupart de ses œuvres antérieures à 1939 ont disparu. Il développe un langage abstrait personnel, en marge de l'abstraction lyrique, illustre de gravures « Eupalinos » de Paul Valéry, édité par Gaston Gallimard à qui Raymond Queneau l'a présenté. Alors qu'il s'établit à Paris en 1950, de nouvelles gravures pour le Tao-té-king de Lao-tseu et pour le Livre des Morts Tibétain jalonnent une longue période de travail graphique. Il se tourne à nouveau vers la peinture en 1955 et l'exposition qu'il présente en 1959 à la galerie Pierre Droulez à Reims est préfacée par Francis Ponge. La même année, il réalise ses premiers « découpages », gravures-reliefs qui sont une sorte de transposition graphique de l'esprit des objets magiques des cultures traditionnels. Tandis qu'il expose régulièrement en Europe (France, Allemagne, Italie, Norvège, Suisse) ou aux États-Unis et que de premières expositions rétrospectives lui sont consacrées à Heidelberg, puis Dortmund, Brême, Grasse, Caen, deux tapisseries sont tissées d'après ses maquettes par l'atelier Plasse-Le Caisne.

 

Grasse (1960-1998)

Ferdinand Springer s'installe à Grasse en 1960, continuant à graver et réalisant de grandes aquarelles de « paysages imaginaires » inspirés du haut pays grassois. Après une nouvelle série de compositions géométriques abstraites, en 1990, dans lesquelles dominent les formes sphériques et les tons en demi-teintes, sa peinture s'oriente vers une figuration abstraite ou une « abstraction libre » où les lumières et les horizons de paysages réinventés apparaissent constamment présents. Après une nouvelle exposition rétrospective à La Ciotat en août, Ferdinand Springer meurt à Grasse le 31 décembre 1998.

© Alkis Voliotis

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